CIFOR- Les satellites peuvent induire en erreur : décideurs politiques méfiez-vous !

 

 

 

Pendant des décennies, la perte d’anciennes forêts tropicales causées par des feux et par l’expansion agricole a représenté un défi pour un grand nombre d’objectifs de développement durable fixés par des décideurs politiques, des groupes écologistes et des gestionnaires forestiers.

 

Dans la recherche de solutions pour stopper la déforestation tropicale, une tendance forte a émergé : désigné un fautif – et ce sont les plantations industrielles de denrées alimentaires qui sont les plus ciblées.

 

Des cartes montrant les limites et la propriété des parcelles de terres, ainsi que le moment et la localisation de la déforestation et des incendies (grâce à des satellites), sont de plus en plus utilisées par les services de cartographie en ligne comme un moyen d’améliorer la transparence, la traçabilité et la responsabilité des entreprises.

 

Souvent, les ONG identifient les plantations industrielles comme principal facteur de la déforestation tropicale et elles font campagne pour que les consommateurs boycottent les produits agricoles et ligneux issus d’entreprises internationales qui sont considérées comme responsables des actes de leurs fournisseurs.

 

Pour remédier à ces préoccupations et pour améliorer leur image publique, les entreprises de palmiers à huile accusées de soutenir la déforestation en Asie du Sud-Est ont mis au point, en collaboration avec les ONG, des normes via un système de certification volontaire : la Table ronde pour une huile de palme durable (Round Table on Sustainable Palm Oil ou RSPO).

Les gouvernements indonésien et malaisien ont développé leurs propres normes obligatoires : l’huile de palme indonésienne durable (ISPO) et l’huile de palme malaisienne durable (MSPO).

 

D’autres initiatives émergentes, telles que les engagements de zéro déforestation, ont été prises par des principales entreprises de production et / ou de commerce de palmier à huile, de pâte à papier et de papier en Indonésie, ainsi que de soja au Brésil.

Des règlements importants ont également été mis en place par les états pour réduire les incendies engendrant des nuages de fumée, tels que la récente loi sur la pollution transfrontalière de Singapour (THPA).

 

Voici des exemples récents d’entreprises et de gouvernements travaillant activement ensemble pour modifier les secteurs impliqués dans la déforestation et les incendies.

 

DES CARTES POUR IDENTIFIER ET ACCUSER

Toutes ces initiatives – programmes de certification, zéro déforestation, THPA – dépendent fortement de cartes, qui servent d’outils pour identifier et accuser les coupables.

Mais attention, les évaluations sommaires de la déforestation ou des incendies au sein des concessions se heurtent à des limites méthodologiques importantes.

L’usage accru de ces méthodes, louées pour leurs coûts relativement faibles et leur aptitude à être diffusées rapidement à des échelles spatiales et temporelles importantes est préoccupant. Le développement informatique de grandes bases de données soutient davantage ces méthodes.

Les cartes simplifient les conditions réelles du terrain. Tout le monde le sait. Les cartes sont sujettes à des interprétations erronées menant à de fausses conclusions sur les coupables de la destruction des forêts. Ceci peut donner lieu à des politiques infondées.

 

Par exemple, en utilisant l’imagerie satellite et des cartes de concessions, une ONG a récemment accusé une entreprise de détruire des zones forestières dans la partie indonésienne de l’île de Bornéo pour y établir une plantation. L’ONG a conclu que l’entreprise n’avait pas respecté sa promesse de zéro déforestation. La situation sur le terrain semble être plus complexe. La société accusée n’a probablement jamais été en mesure d’exploiter les terres en raison de l’opposition des populations locales. Dans ce cas, des enquêtes de terrain détaillées seraient nécessaires pour identifier les responsables.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Beaucoup de concessions en Indonésie font face à des problèmes similaires concernant le contrôle de leurs frontières. On peut difficilement déduire de la cartographie de la déforestation et des incendies au sein des concessions qu’une entreprise donnée serait responsable du problème, puisque d’autres personnes défrichent les terres à l’intérieur des concessions pour leurs propres besoins – généralement pour soutenir leurs moyens de subsistance.

Inversement, la déforestation au sein des concessions ne devrait pas être l’unique aspect pris en compte lors de la surveillance de la responsabilité d’une entreprise, puisque la déforestation faite par les industries peut certainement avoir lieu en dehors des limites formelles des concessions tout en repoussant les communautés locales vers des terres marginales. Nous devons nous efforcer de distinguer les bonnes des mauvaises pratiques.

 

UNE ANALYSE SIMPLE NE SUFFIT PAS

L’idée que le défrichement des terres en un endroit donné est fait par quelqu’un d’autre que les propriétaires de la terre n’est guère nouvelle.

 

En effet, toute personne ayant passé du temps à analyser des revendications territoriales et des droits de propriété remarque ce genre de situation. En Indonésie, l’utilisation des terres et le régime foncier sont régis par un enchevêtrement de lois nationales, provinciales et coutumières qui sont souvent en concurrence les unes avec les autres, ce qui entraîne une confusion sur qui possède quel lopin de terres.

 

Cette situation est aggravée par l’afflux de migrants en quête de terres et par des investissements dans l’expansion agricole par des investisseurs de niveau intermédiaire d’origine inconnue. Des tensions, parfois même des conflits, peuvent surgir entre les différents utilisateurs des terres.

 

Malgré cela, nous avons toujours recours à des analyses simples qui ne saisissent pas cette complexité. Le problème ne concerne pas seulement la précision et donc l’exactitude dans l’identification des coupables, les données sont également influentes et pourraient engendrer des politiques mal informées qui auraient des conséquences néfastes pour la gestion durable des forêts.

 

Nous ne cherchons pas à délester les entreprises ou à blâmer les populations rurales pour la disparition des forêts naturelles dans les concessions en Indonésie. Il existe de nombreux exemples, bien documentés, où des entreprises ont défriché de vastes étendues d’anciennes forêts et ont enfreint les droits des communautés locales.

Cependant, nous percevons des signaux positifs tels que le potentiel des initiatives récentes de « zéro déforestation » pour libérer les chaînes d’approvisionnement de la déforestation et des incendies tout en améliorant les garanties sociales.

 

Pour d’amples informations, bien vouloir consulter la page web du CIFOR: ICI

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